Boydiel Ould Houmeid, président du parti El Wiam: «Si le président de la République ne peut pas recourir à l’article 38 pour poser certaines questions au peuple, à quoi cet article pourrait-il servir alors?»

Le Calame : Vous étiez à la prestation télévisée du président de la République, le 22 mars. Vous, qui aviez émis des réserves sur le recours  au congrès pour passer les amendements constitutionnels, préconisés par l’accord du 20 octobre, avez-vous été convaincu par  l’argumentaire du président Aziz, qui, en dépit du rejet par le sénat  décide d’organiser une consultation populaire ? El Wiam battra-t-il campagne pour le oui ?

Boydiel Ould Houmeid : Avant de répondre à vos questions, je tiens à placer cette interview, que vous avez souhaitée depuis quelques mois, dans son véritable contexte. Notre entretien intervient à un moment où l’opinion mauritanienne est préoccupée par la situation politique dans le pays, suite au dialogue tenu au mois d’octobre 2016 et auquel une partie de l’opposition n’a pas jugé utile de participer, malgré tous les efforts déployés en ce sens par les parties participantes, aussi bien du côté de la majorité que dans le camp de l’opposition. Il s’agissait de tout mettre en œuvre pour que ce dialogue soit véritablement inclusif, offrant à chaque parti politique la possibilité d’y apporter sa contribution, afin que ses résultats soient consensuels pour permettre une avancée significative de notre pratique démocratique et produire des retombées positives sur la vie du citoyen mauritanien.

Je ne reviendrai pas sur la genèse de ce dialogue qui a abouti aux conclusions du 20 octobre 2016 qui devaient être soumises au gouvernement pour exécution. Parmi les aspects les plus importants figuraient la suppression du Sénat, émanation des collectivités locales, la question du drapeau et de l’Hymne national, etc. Cette première étape devait passer par la voie d’un référendum, conformément à la Déclaration que moi-même j’ai signée au nom de l’Opposition.

Pour revenir à votre question, je dois préciser que je n’avais pas émis réellement de réserve sur le recours au congrès en soi, puisqu’il s’agit d’une possibilité prévue par la législation pour permettre au président de la République de modifier la Constitution, tout comme le Référendum ; j’ai néanmoins rappelé que dans les conclusions auxquelles nous avons abouti et qui ont été signées par toutes les parties représentées au dialogue, y compris la majorité présidentielle, il est mentionné que les modifications envisagées devaient être soumises au peuple par voie référendaire, et non par le vote des deux chambres du Parlement réunies en congrès, comme ce fut le cas pour les conclusions du dialogue de 2011. A un certain moment, le Président de la République a été convaincu par certains de ses collaborateurs, puis par sa majorité parlementaire, de passer par le congrès, en insistant sur le fait que cette formule est moins coûteuse que celle du référendum ; cela nous le savions au départ, mais nous avions répliqué que la démocratie, c’est le pouvoir au peuple est non à ses représentants pour des questions si importantes, et il faut ajouter, en plus, que si la majorité tenait à ce choix, elle devait le reposer au niveau du Comité de suivi du dialogue. Par la suite, il a été décidé que dans les deux cas, le projet de loi devait être préalablement soumis aux deux chambres et obtenir une majorité de deux tiers au minimum avant d’envisager l’adoption des modifications constitutionnelles, par référendum ou en congrès. La suite, vous la connaissez, l’Assemblée nationale dont je suis membre, a adopté le texte à une très large majorité et le Sénat l’a rejeté majoritairement.

Donc, pour moi, il n’y a pas de confusion possible à ce sujet. Nos appréhensions à l’époque se situaient dans un cadre donné, celui défini par les articles 99, 100 et 101 pour la révision de la Constitution. Cette procédure-là est aujourd’hui dépassée et nous sommes en présence d’une autre procédure, celle de l’article 38 de la Constitution de 1991. Je vous rappelle au passage que le texte constitutionnel en question n’avait pas été promulgué par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, mais par le président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya. Ai-je été convaincu par l’argumentaire du Président ? Si l’objet de votre question est de savoir si nous sommes pour le recours à l’article 38 pour aller à la consultation populaire, ma réponse est oui. Certains de nos juristes et hommes politiques comparent cet article à l’article 11 de la Constitution française. Même si les deux articles n’ont pas été libellés de la même manière, du fait de nuances voulues par les rédacteurs de notre Constitution ou par les décideurs politiques de l’époque, il n’échappe à personne que les ressemblances entre les deux textes sont manifestes et que les rares différences entre certains articles sont voulues. Je me rappelle que le peuple mauritanien a adopté cette constitution à plus de 95%. Si le Président de la République ne peut pas recourir à l’article 38 pour poser certaines questions au peuple, à quoi cet article pourrait-il servir alors ?

Ceci dit, je n’étais pas venu à la prestation télévisée du président pour être convaincu, et j’avais déjà mes convictions. S’agissant de la future campagne pour la consultation référendaire, il est évident que le parti El Wiam fera campagne pour le oui.

 

– Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de servir de faire valoir, ou de caution au président Abdel Aziz qui fait appel à vous, chaque fois qu’il connaît des difficultés ?

Le président Aziz n’a pas besoin de moi comme faire valoir ou caution pour appliquer le programme politique sur la base duquel il a été élu par le peuple mauritanien. Il a son programme, j’ai le mien. Le groupe parlementaire de mon parti siège à la place réservée à l’Opposition ; nos positions ne sont tributaires ni des positions de la Majorité, ni des positions de l’Opposition ; nous avons notre propre ligne républicaine, responsable et démocratique.

 

 -Deux écoles s’opposent à propos de ce référendum. Ceux qui soutiennent la position du président, donc de l’utilisation de l’article 38 de la Constitution et ceux lui arguent de la primauté du spécifique (art. 99, 100, et 101) sur le général  (art 38). Qu’en pensez-vous ?

Par rapport à cette question, j’ai déjà fourni les éléments de réponse dans la première partie de cette interview, sans entrer dans cette polémique quant à la primauté du général ou du spécifique. En toute logique, l’ordre des articles doit traduire une préséance et un ordre d’importance, même si leur objet n’est pas le même, Dans ce cas l’article 38 précède, les articles 99, 100 et 101.

 

-Pour certains, le rejet par les sénateurs, des amendements constitutionnels  est  l’expression de la vivacité de notre démocratie, pour d’autres, en revanche, il s’agit là,  d’un  défi à l’endroit du pouvoir en place,  une protestation même contre les  critiques dont ont fait l’objet, le sénat et 33 de ses membres  de la part  des membres du gouvernement et de l’UPR. Qu’en pensez-vous ?

-Effectivement, le fait qu’une chambre parlementaire vote librement contre une proposition de loi déposée par le gouvernement est en soi un signe de bonne santé démocratique, si seulement les intéressés n’étaient pas concernés directement. Vous connaissez l’adage qui dit qu’on ne peut pas être « juge et partie ». Pour le reste, je pense qu’il s’agit d’une cuisine intérieure de l’UPR et je n’ai pas un avis à émettre là-dessus.

 

-Ne pensez-vous pas que le président de la République devrait faire comme son homologue béninois, Patrice Talon qui a retiré son texte sur les modifications  de la Constitution, rejeté par  les députés béninois ? En quoi, les conditions seraient-elles  différentes ?

En la matière, le copier n’est pas approprié. D’abord, les deux peuples ne réfléchissent pas et ne réagissent pas forcément de la même manière ; ensuite, les deux conjonctures ne sont pas comparables. Au Bénin, le parlement n’est pas bicaméral et les députés béninois ont refusé à l’unanimité d’examiner la proposition d’amendement. Ici, l’Assemblée nationale a examiné le texte et l’a adopté à plus de 80%. Le Sénat aussi l’a examiné et sa Commission des lois l’a adopté sans amendement, contrairement à la Commission des lois de l’Assemblée nationale qui lui a apporté deux amendements qui ont finalement été rejetés. Donc, les deux situations ne sont pas identiques et ne peuvent pas être traitées de façon similaire.

D’autres en sont venus à comparer nos sénateurs à ceux des Etats-Unis où il existe un Congrès à deux chambres (Chambre des Représentants et Sénat). Là encore, les deux situations ne se ressemblent pas, dans la mesure où une partie des élus républicains qui sont majoritaires au Congrès a fait clairement savoir à son groupe parlementaire qu’elle ne voterait pas la loi modifiant les dispositions de l’Obamacaire. Après de longues discussions, une minorité des récalcitrants a accepté de voter les modifications, mais leur majorité est restée sur ses positions, contraignant ainsi le président américain à retirer son projet de loi.

Par contre, nos sénateurs, eux, ont donné à leur parti, au gouvernement et au Président de la République, l’engagement de voter en faveur du projet de loi et ont majoritairement agi autrement. C’est leur choix et leur responsabilité.

 

-Le président de la République a laissé entendre qu’il  fera de la politique après son départ du pouvoir, en 2019, qu’il se battra même pour la modification de la Constitution qui, à son avis, comporte des imperfections. Est-ce à dire que notre constitution n’est pas totalement verrouillée  pour ce qui est  de la limitation du nombre de mandats, comme  certains le font croire – le recours à  l’article 38 serait une preuve?

-C’est son droit le plus absolu, en tant que citoyen, de faire la politique et de se battre pour ses convictions. Pour ce qui est de la Constitution, c’est un texte fondamental de la République qui doit être respecté par chaque citoyen en tant quel tel, mais qui reste sans doute perfectible. Quant au verrouillage de la Constitution, je pense qu’aucun président de la République ne cherchera à la déverrouiller, puisque le texte est clair quand il stipule « ni directement, ni indirectement ». Cela veut dire que lui-même n’en prendra pas l’initiative et si d’autres institutions la prennent, le président de la République doit s’abstenir d’en assurer la promulgation.

 

-Dans sa conférence de presse, le président a rejeté énergiquement l’offre dialogue, réitéré   par l’opposition (FNDU et RFD). Ne pensez-vous pas que,  face à  un référendum  qui va crisper davantage la situation politique, des échéances électorales en vue, le pays a besoin d’un minimum de consensus  autour de  ces  élections  pour éviter des boycotts, voire des contestations au lendemain desdits scrutins ? Allez-vous faire quelque chose dans ce sens ?

-Je pense que le président a raison. Moi, j’ai toujours soutenu qu’un pays ne peut pas se permettre d’organiser des dialogues en l’espace de quelques semaines ou quelques mois. C’est sûr qu’il y a certaines formes de dialogue qui doivent être permanentes entre la Majorité et l’Opposition pour résoudre des questions conjoncturelles, mais un dialogue national, tel qu’organisé en 2011 et en 2016, j’estime qu’il ne peut pas être envisagé à intervalles rapprochés. Donc, nos frères de l’Opposition radicale ont, encore une fois, raté le coche, mais ils pourront toujours le rattraper aux prochaines stations, la plus proche étant celle du référendum. C’est peut-être pour eux l’occasion de participer, en faisant campagne pour le non et s’ils l’emporteraient, nous serions les premiers à les applaudir, et ainsi, ils prendraient le train en marche et se positionneraient pour les futures échéances du dialogue national.

 

-Que pensez-vous de la réaction du président sur  les appels au dialogue, émis par les partenaires au développement  que sont l’UE et l’ONU?

-Mon point de vue est qu’il n’appartient pas aux partenaires au développement de nous dicter la manière dont nous devons diriger notre pays. Et s’il leur arrive de s’ingérer dans notre politique intérieure, nous devons tous, Majorité et Opposition confondues, leur opposer une fin de non recevoir.

 

-Le référendum sera organisé par  une CENI, largement critiquée par les acteurs politiques dont vous,  lors des dernières élections municipales et législatives. Qu’en pensez-vous ?

 Une CENI critiquée par qui ? En tout cas pas El Wiam. Nous sommes, avec les parties participantes au dialogue de 2011, à l’origine de la loi de 2012 qui a créé et qui régit la Commission électorale. Pour la première fois, nous avons écarté le Ministère de l’Intérieur des opérations électorales, du recensement à vocation électorale (RAVEL), des opérations de vote et même de la publication des résultats des scrutins. Nous avons mis en place une commission de sages de sept membres qui sont apolitiques, à la différence des CENI précédentes qui étaient, elles, composées de représentants de partis politiques et qui avaient tendance à se quereller en permanence pour défendre les positions de leurs formations politiques, au lieu de s’adonner au travail technique qui leur était confié.

Certes, des insuffisances ont été relevées lors des élections municipales où la CENI avait près de 1 500 listes électorales à gérer, des tâtonnements ont eu lieu et certains représentants des listes candidates n’ont pas eu de PV électoraux, mais pour les autres consultations électorales (législatives et présidentielle), il n’y a pas eu de problèmes significatifs. Le rôle du Comité de suivi du dialogue s’est limité à la mise en place du Comité des sages et là, comme vous pouvez le constater vous-même, ils n’ont aucun problème, ni moral, ni technique, ni intellectuel. Je leur conseille tout simplement, comme je l’ai toujours fait, de se conformer aux textes qui les régissent et qui stipulent clairement qu’en matière de recrutement, ils doivent respecter l’esprit du Code du travail, de la Convention collective et du Statut de la Fonction publique, c’est-à-dire faire détacher par l’Administration les fonctionnaires dont ils ont besoin, recruter les contractuels dont ils ont besoin dans le respect du Code du travail et de la Convention collective. Par le passé, ils ont recruté en majorité des retraités, alors que dans l’accord politique qui a présidé à leur désignation, la condition exigeant plus de 60 ans d’âge ne concernait que les sept sages.

 

-A en croire la presse, le député et  maire  de Rosso, Sidi Diarra, un grand cadre d’El Wiam  affiche ses ambitions pour la présidentielle de 2019. Vous en a-t-il parlé ? Quand pensez-vous ?

-Effectivement, il m’en a parlé à deux reprises et c’est normal d’être ambitieux. Jusqu’à ce jour, il est membre du parti El Wiam ; le jour où il décide de se présenter dans le cadre du parti, le parti en discutera et décidera ; s’il se présente en dehors du parti, nous lui souhaiterions bonne chance. Vous savez, l’autre soir, à la conférence de presse du président à laquelle vous aimez faire référence, deux présidents de partis politiques qui étaient auparavant membres de la direction de notre parti sont venus me saluer, en me manifestant leur respect et leur fierté d’avoir appartenu à El Wiam. Il s’agit de Saad Ould Louleid et Valla mint Mini. Ça fait toujours plaisir pour un chef de parti d’avoir réussi à créer chez certains cadres du pays l’envie de faire la politique et de l’exercer par le canal légal des partis politiques et non par d’autres voies illégales.

 

-Dans une récente tribune publiée par le site Cridem, M. Samba Thiam s’étonne du silence des  leaders Haratines sur la demande  d’officialisation des langues nationales Pulaar, Soninké, Ouolof, formulées par des associations  issues de ces communautés. Que lui répondez-vous ?

 Samba Thiam avec qui j’ai eu des entretiens très constructifs en marge du dialogue national et en qui j’ai trouvé un homme posé qui sait ce qu’il veut, qui a sa place dans l’espace politique national et dont je respecte l’opinion, même si nous ne sommes pas d’accord sur beaucoup de choses, je lui réponds que je ne suis pas un cadre haratine, je suis un cadre de la Mauritanie, je ne parle pas au nom des Haratines, mais au nom des Mauritaniens sans distinction

Ici je ne parle pas au nom des maures noirs ni des Tandgha, je parle au nom de la Mauritanie qui m’a formé, qui m’a fonctionnarisé et qui m’a permis d’occuper les plus hautes fonctions allant de contrôleur  d’Etat, Directeur Général des Impôts, Directeur de la SMCP, Directeur et fondateur de la CNAM, Ministre dans plusieurs départements : commerce, développement rural, pêches, Santé, Finances et Ministre Secrétaire Général à la Présidence de la République.

Par ailleurs, dans le Parti EL WIAM que je dirige actuellement vous trouvez tous les mauritaniens sans distinction aucune.

Au demeurant, je reste convaincu que dans l’intérêt de notre pays nous devons tous avoir comme objectif le renforcement de la nation mauritanienne encore embryonnaire et de ce fait ne jamais encourager le racisme, l’ethnisme le tribalisme, et l’entitisme qui sont nuisibles à la construction d’une Mauritanie forte et unie

De ma part pour des raisons de convictions personnelles, j’ai toujours combattu ces maux et je continuerai à les combattre tant que j’ai la tête sur les épaules. Maintenant, si vous voulez mon point de vue sur cette question des langues nationales, je ne peux la traiter en quelques mots parce qu’elle demande toute une interview à elle seule, mais pour lancer le débat, j’aurais préféré que la transcription de ces langues se passe en lettres arabes, comme du temps de nos aïeux. En effet, Elif, lamlam, hatongué, minpithiou sont une transcription en pulaar de ا ب ت etc. que seul un halpulaar peut comprendre ou quelqu’un qui les apprend. Les Ouolofs aussi que je connais très bien faisaient cette transcription et écrivaient des lettres entières en caractères arabes qu’un arabophone peut lire mais ne comprend pas s’il n’a pas appris l’alphabet en Ouolof. C’est une manière d’introduire le sujet en attendant le grand débat.

 

 

– Certains  cadres de ces communautés s’indignent de vous entendre défendre  le régime d’Ould Taya, auteur de leurs déportations  et  de massacres  de militaires négro-mauritaniens  dans les casernes, entre 1989 et 1991. Que leur répondez-vous ? Cela ne justifierait-il pas leur faible adhésion à El Wiam ?

 Comment pouvez-vous parler de faibles adhésions de Négro-africains à El Wiam, alors que nous avons deux  mairies au Guidimagha, dont la mairie de Ghabou qui est la commune la plus peuplée du Guidimagha avec 21 conseillers municipaux, au Gorgol, particulièrement à Mbout, où nous avons deux Mairies, en plus du fait que dans ces deux Wilaya notre parti occupe la 2ème position en nombre de conseillers municipaux. Au Trarza aussi, nous avons les mairies de Rosso, Keur Macène et N’Diago .

Pour les évènements dont vous parlez, ils datent des années 1989 et 1991. A l’époque, je n’étais pas encore politiquement lié à Maaouya, j’ai commencé à le soutenir lors de la création du PRDS en Août 1991. Lors des discussions autour des documents de base, certains ont voulu lier le parti aux évènements dont vous parlez, en laissant entendre que le parti était solidaire de tous les agissements du Comité Militaire depuis le 12 décembre 1984 ; j’ai dit que nous ne pouvons pas être responsables de tous ces actes et un seul m’avait soutenu à l’époque, c’était Aboubekrine Ould Ahmed. Un membre de l’Assemblée a répliqué que ceux qui ne veulent pas être responsables des agissements du Comité militaire depuis le 12/12 n’avaient pas leur place ici ; j’ai répondu que donc je n’ai pas ma place ici. Le document est parti à l’arbitrage du président Maaouya qui a demandé que ce passage soit enlevé du texte.

 

– Les partis de la CUPAD sont allés en rang dispersé  au dernier dialogue. Est-ce adire que cette coalition est morte de sa belle mort ?

 Il n’y a pas de belle mort, la mort est toujours regrettable pour une personne morale qui a des objectifs et des idéaux. Seulement, l’un des partis membres de la CUPAD n’a pas jugé nécessaire de participer au dialogue et c’est lui qui assurait la présidence tournante. Les deux autres partis membres de la Convention, l’APP et El Wiam, ont participé chacun en son nom, mais je dois souligner que nous avons toujours été d’accord sur les questions essentielles au niveau du Comité de suivi.

 

-Toujours au cours de sa prestation télévisée, le président de la République a dressé un tableau idyllique de la situation économique du pays. Partagez-vous son enthousiasme ?

– Je reconnais qu’il a réalisé beaucoup de choses dans le pays, mais nous pensons à  El Wiam qu’il aurait pu encore faire mieux. Si nous étions d’accord avec tout ce qu’il dit et ce qu’il fait, nous nous serions rangés au sein de la Majorité présidentielle.

 

-Certains se demandent ce qui pourrait empêcher le président Mohamed Ould Abdel Aziz, après l’adoption des amendements Constitutionnels, grâce à l’article 38, d’invoquer, demain, le même article, pour déverrouiller la limitation des mandats (article 28). Partagez-vous leur crainte? 

-Ce qui peut l’en empêcher, c’est d’abord et avant tout le serment qu’il a prêté devant le peuple mauritanien de ne pas toucher aux articles verrouillés. Les craintes ? Pas du tout, les craintes à ce sujet, sont injustifiées.

Propos recueillis par Dalay Lam..Le Calame

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