Zambie: le président Sata est mort

Le président zambien Michael Sata est décédé mardi soir à 77 ans à Londres, succombant à la maladie qui le tenait largement à l’écart de la scène publique et alimentait une féroce bataille de succession à la tête de ce pays grand producteur de cuivre.

Après des mois de déni, de fausses alertes voire de répression contre quiconque osait évoquer la mauvaise santé du président, le secrétaire général du gouvernement Roland Msiska a annoncé la nouvelle à la radio mercredi.

«C’est le coeur lourd que je vous annonce le décès de notre bien-aimé président Michael Sata», a déclaré M. Msiska, tandis que tout le gouvernement entrait d’urgence en réunion avant une conférence de presse prévue dans la matinée.

Il a appelé ses compatriotes à rester calmes alors que le flou demeure sur la période de transition ouverte par le décès de M. Sata, après trois ans de présidence marquée par une dérive autoritaire, et des liens resserrés contre toute attente avec la Chine, qui a d’importants intérêts dans les mines de cuivre.

Le vice-président zambien Guy Scott assurera l’intérim du pouvoir jusqu’à l’organisation d’une élection présidentielle.

«La Constitution (…) prévoit qu’en l’absence du président, le vice-président assure l’intérim, et donc le Dr Scott sera président par intérim de la République de Zambie jusqu’à ce que le pays organise une élection présidentielle», a déclaré le ministre de la Défense Edgar Lungu devant la presse.

Le cuivre assure 70 % des recettes d’exportation de ce pays d’Afrique australe (7e producteur mondial), abondamment doté en ressources naturelles, terres, forêts, eau, cuivre, cobalt et émeraudes notamment.

Le pays a connu un régime de parti unique sous son premier président Kenneth Kaunda  – toujours vivant et âgé de 90 ans – du début des années 1970 jusqu’en 1990, mais a vécu depuis deux alternances pacifiques.

La prochaine élection présidentielle n’était en principe pas prévue avant 2016, mais en cas de décès du président de nouvelles élections doivent être organisées sous 90 jours, soit d’ici fin janvier.

Une nouvelle Constitution, promise pendant sa campagne par M. Sata, a été rédigée, mais toujours pas promulguée. Source :

lapresse.ca